
C’est par le biais du médiateur européen que les citoyens européens ont la possibilité d’obtenir satisfaction en cas de mauvaise administration des institutions et organes communautaires. Rendez-vous.
Nikiforos Diamandouros, un nom difficile à retenir pour un poste assez méconnu ! Et, pourtant, c’est par le biais du médiateur européen que les citoyens européens ont la possibilité d’obtenir satisfaction en cas de mauvaise administration des institutions et organes communautaires. En quoi consiste son rôle ? Que fait-il pour le citoyen ? Direction Strasbourg pendant une journée, dans l’univers de « l’ombudsman », tout juste réélu par le Parlement européen, le 11 janvier dernier...
8 heures : Nikiforos Diamandouros tient à la marche matinale entre son domicile et le travail. Une façon de rester en contact avec Strasbourg, la ville où l’institution du médiateur européen est installée, et de préparer la journée sereinement. Arrivé au bureau. Réunion de travail avec son assistant auprès de qui il prend les informations du jour. Le médiateur fixe ensuite l’ordre des priorités.
9 h 30 : Le reste de la matinée consiste à traiter les plaintes des citoyens. Depuis la création de ses services en 1995, le médiateur européen a déjà traité plus de 14 000 plaintes. Celles-ci portent sur des questions allant de la discrimination sexuelle au financement de projets, en passant pas le droit de la concurrence. Les problèmes les plus fréquemment soulevés concernent les retards de paiement, les litiges contractuels, la discrimination arbitraire ou le manque d’information. Le 25 janvier 2005, le plus important dédommagement financier suite à une plainte du médiateur européen a été versé par la Commission européenne - soit 56 000 euros. La personne dédommagée est un journaliste français. Celui-ci avait organisé trois visites de presse : deux visites de 12 journalistes français en Pologne et en République tchèque et la visite en France de 24 journalistes issus des pays candidats. La Commission avait procédé à un engagement budgétaire afin de cofinancer le projet, mais était revenue sur sa décision quatre semaines seulement avant les visites en France.
11 h 30 : départ pour Paris. Depuis son entrée en fonction en tant que médiateur européen, Nikiforos Diamandouros a entrepris un programme de visites afin de mieux faire connaître sa mission et son travail. Au programme, rencontre avec son homologue français, Jean-Paul Delevoye, discours devant des étudiants en sciences politiques et conférence de presse. La visite se terminera par une entrevue avec la ministre des Affaires européennes, Claudie Haigneré.
16 heures : retour sur Strasbourg. Le nombre de plaintes et d’enquêtes ouvertes ne cessant d’augmenter (+ 53% en 2004), le budget 2005 ouvre 13 nouveaux postes. Début des entretiens d’embauche afin d’y pourvoir.
À savoir :
Une plainte au médiateur peut être déposée sur un cas de mauvaise administration dans l’action des institutions et organes de l’Union européenne. Les institutions concernées sont assez nombreuses. On trouve, pêle-mêle, la Commission européenne, le Conseil, le Parlement européen, mais aussi le Comité des régions de l’Union européenne, la Banque centrale européenne ou encore l’Agence européenne de l’Environnement.
Qu’est-ce qu’un cas de mauvaise administration ? À titre d’exemple, il peut s’agir d’irrégularités administratives, de discrimination, d’abus de pouvoir, d’absence de réponse, de refus d’information ou encore de retards abusifs, etc.