Reportage de France 3 du 31/05/2001-23h00
Transcript
du documentaire :
"Cet homme est un cardiologue. Bien que mis en cause dans
la conception de programmes scientifiques d'élimination de
la population noire sous l'apartheid, et accusé de
détournement de fonds, de fraude fiscale, trafic de
drogues, le Dr Basson est aujourd'hui encore en activité à
l'hôpital de Pretoria. Comment est-ce possible, 7 ans après
la fin de l'ancien régime, que cet homme toujours en
liberté malgré la gravité des forfaits qui lui sont
imputés, n'ait pas encore été jugé. Pour tenter de répondre
à toute ces questions, nous avons mené l'enquête en Afrique
du Sud.
Janvier
2001
Le jour de notre arrivée à Ket Town, la
nouvelle Afrique du Sud fêtait l'ouverture de la septième
session du parlement libre depuis le retour de la
démocratie. Flon flon, costumes bariolés, toute couleur
politique confondue. Cette journée est la démonstration
voyante d'une fragile réconciliation entre les communautés
blanche, noire, et métis. Une cérémonie solennelle et
symbolique, à laquelle le Président Tabombeki, successeur
de Nelson Mandella prête son concours. Pour comprendre
comment l'Afrique du Sud en est arrivé là, revenons
quelques années en arrière. De 1960 à 1994, la population
noire encadrée par l'ANC, mène alors le combat pour sa
libération contre le régime sanglant de l'apartheid. Nelson
Mandella, leader charismatique du mouvement est en prison.
Sa captivité durera presque 30 ans. Il est libéré le
11 février 1990, et prononce ici son premier discours
d'homme libre et bientôt de Premier Président de la
République Multiraciale.
"Mes amis je suis ici, devant vous, non comme un prophète,
mais comme un humble serviteur de vous le peuple."
En 1995, Nelson Mandella nomme l'archevèque Desmon Toutou,
figure emblématique de la lutte pour les droits de l'homme
dans le monde, Président d'une commission dite Vérité et
Réconciliation, la TRC. La TRC n'est pas un tribunal de
justice. Sa mission n'est pas de punir ou de venger, mais
d'établir la vérité sur les événements dramatiques du
passé, et de bâtir un avenir de réconciliation entre les
différentes communautés, quelque soit la race, la couleur,
la classe sociale, la croyance, et le sexe.
15 avril 1995, Archevèque Desmond toutou:
Je déclare
ouverte l'audience de la Commission Vérité et
Réconciliation.