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 Des pères en colère dans l'Express

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jmphoenix
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MessageSujet: Des pères en colère dans l'Express   Mer 24 Mai - 14:50

L'Express du 25/05/2006
Des pères en colère

par Marie Huret

Les enfants qui grandissent sans eux, les procédures qui favorisent très souvent la mère... Ils sont de plus en plus nombreux, après une séparation, à refuser de n'être qu'un «papa du dimanche» et à se battre pour leurs droits. Paroles d'hommes



Leurs dimanches

Son fils, il le voit peu. Du lundi au vendredi, il bosse, sort en boîte, rentre à pas d'heure. Le vendredi, son dressing se change en chambre d'enfant. A 38 ans, Jacques Braunstein, rédac chef de Culture Club sur France 4, signe ces jours-ci une BD douce-amère sur sa vie de branché divorcé - Les Week-Ends du père célibataire (Hachette Littératures): «On navigue à vue entre une envie d'être père copain ou père normatif.» Publicitaire et divorcé, François d'Epenoux lui aussi a joliment croqué Les Papas du dimanche (Anne Carrière): roi du «Dimanche-Land», ce père de trois enfants prouve que toute rupture ne vire pas au tragique. «On a passé un pacte sacré: protéger nos enfants, dit-il. J'adore les matelas installés dans le salon, les steaks-purée brûlés, leur joyeux bazar. Mais la voiture d'un papa du dimanche sur la route du retour est la chose la plus vide du monde.»
Chez le juge, Pierre s'est fait traiter de tyran. Son ex l'a inondé de griefs. Lui a reproché des «trucs insensés», dit-il. D'aller chercher à l'école Léo, leur fils, à vélo, et non en voiture. De ne pas l'encourager au foot. D'être de gauche. De l'avoir traîné au ciné, à l'âge de 8 ans, voir Shrek en VO. «C'était la guerre», jure-t-il. Quand le couple se sépare, en 1993, Léo a 2 ans. Le 17 mai, Pierre a récupéré son droit de visite - un week-end sur deux et la moitié des vacances - après treize ans de lutte! Il prend son souffle, énumère, en vrac: quatre procédures civiles, une pénale, quatre juges aux affaires familiales, trois expertises psy, etc. «Sans compter les heures à la gendarmerie à déposer des mains courantes, soupire-t-il. C'est une épreuve.»

Ils se révoltent, les pères. Marre de jouer les éducs en intérim. Marre d'en rajouter dans la pédagogie accélérée: la semaine chez la mère, le week-end chez le père. Le 10 juin, à l'approche de leur fête, l'association SOS-Papa va dégainer ses tracts. «Non au RMI affectif!» grondent-ils. Le 7 avril, Philippe Peter, qui réclamait depuis cinq ans à la justice de reconnaître qu'il est le géniteur de Benjamin, né sous X, a remporté une victoire auprès de la Cour de cassation. Du jamais-vu dans l'histoire de l'accouchement anonyme. «On assiste à un bouleversement chez les 30-40 ans: cette génération de pères ne veut rien lâcher, relève la sociologue Christine Castelain Meunier, qui a publié Les Métamorphoses du masculin (PUF). Ces hommes ont parlé au fœtus, assisté à l'accouchement. Ils refusent que leur enfant grandisse sans eux.» Même les people tirent de leur crash conjugal un manifeste en faveur des pères: le rocker irlandais Bob Geldof, déjà connu pour son action caritative en Afrique, ayant la garde de quatre enfants, s'engage à leurs côtés. En France, Cali, 37 ans, l'écorché vif catalan, chanteur des catastrophes amoureuses, part aussi en guerre dans son dernier disque. «10% seulement des pères ont la garde de l'enfant!» s'insurge-t-il (lire l'article). L'association qu'il a créée, L'Amour parfait, organise concerts et tables rondes avec des avocats, des pédopsys, etc. «Il y a un avant et un après-Cali, souligne un ancien de SOS-Papa, Gérard Révérend, kiné de 48 ans, qui fonde ces jours-ci une nouvelle association, Les Papas = les Mamans. Il sert mieux notre combat qu'un lobby de pères arc-boutés sur leurs positions sexistes ou victimaires.»

En France, le nombre d'enfants de divorcés s'élève à 2,24 millions, soit 16% des moins de 18 ans. Un quart d'entre eux ne voient plus leur père. Marginalisés, parfois démissionnaires, ces papas du dimanche finissent par s'évanouir dans la nature. Les mères sont livrées à elles-mêmes: une pension sur cinq n'est pas payée. D'autres, comme Jacques, s'accrochent. Ce père de 40 ans a fait le calcul: il n'aurait vu son fils qu'un an et neuf mois en dix-huit ans s'il s'était contenté d'un dimanche sur cinq, comme le prévoyait le premier jugement. Sa femme avait prétendu qu'il était homo. En 2001, cet employé dans la pub a fait une grève de la faim d'une vingtaine de jours. «C'était le seul moyen pour moi de rétablir la vérité et de mettre la pression», confie-t-il. Le juge lui a accordé un week-end sur deux. Le blues du dimanche soir le plombe. Son fils entre en CP, Jacques rêve de l'emmener à l'école le matin. Le 28 mai, le magistrat dira s'il accepte sa demande de résidence alternée.

«On veut gagner l'enfant, parce qu'on a perdu son couple»
Il ne sait plus si c'est neuf ou dix, mais Gilles, lui, détient un record de prises de sang. Mais on n'a pas trouvé de traces de drogue ni d'alcool - malgré la suspicion entretenue par son ex. Il ne sait plus s'il a reçu huit ou neuf recommandés, ce mois-ci, tant il les collectionne: «Tu voudras bien venir chercher notre fille à 18 heures et pas à 17 heures.» Leur petite a 2 ans. «J'étais à la maternité le jour où elle a ouvert les yeux, dit-il. Je refuse d'être un papa loisirs.» Lui aussi réclame la garde alternée. Quinze mois que la bataille dure.

Depuis le 4 mars 2002, la loi impulsée par Ségolène Royal, alors ministre déléguée à la Famille, met officiellement le père et la mère sur un pied d'égalité en matière d'autorité. Désormais, le juge peut privilégier la résidence alternée: l'enfant passe au minimum trois nuits par semaine chez chacun des parents. Mais 8,8% seulement des affaires débouchent sur cet accord. «En réalité, encore peu de pères ont le réflexe de le demander, précise Me Claude Lienhard, avocat spécialiste en droit de la famille. Cela dépend de l'âge des enfants, du budget, de l'investissement de chacun. Bref, c'est de l'orfèvrerie.»

La semaine d'Henri est coupée en deux: la moitié avec son fils, l'autre en célibataire. Il revient de loin. Impossible d'oublier ce jour où la mère de son fils, il y a trois ans, l'a accusé chez le pédopsy: «Tu le suces, tu le lèches, tu lui montres ton sexe.» La nuit, Henri se levait, triait ses attestations. Il ne mangeait plus. Le juge l'a blanchi. «Je suis fier d'avoir pu conserver ma place et rétabli le dialogue avec mon ex, confie-t-il. Même si un seul parent la souhaite, la garde alternée devrait toujours être possible.» Mère de deux enfants, Sylvia Tabet la pratique - elle lui a consacré un ouvrage très complet, L'Amour en partage (Hachette Littératures) - mais s'oppose à sa systématisation: «Certes, il est important de décomplexer les juges et d'en faire un système qui ne concernerait plus seulement les bobos, affirme-t-elle. Mais la résidence alternée, c'est du volontarisme, une organisation, un projet de vie: on ne la décrète pas comme ça.»

Ce soir-là, dans un café associatif, à Paris, une douzaine de papas débarquent, chacun avec son dossier. Il est 19 heures, la permanence d'Urgence Papa démarre. Tour de table. Un quadra s'inquiète: «Mon fils vit en internat. Ai-je mon mot à dire?» Un autre tripote son stylo. Son ex s'est engluée dans le conflit, se plaint-il: «La médiation, est-ce une chose que je peux lui provoquer?» Joli lapsus. Il reprend: «Euh, lui conseiller?» Le président d'Urgence Papa, Christian Dessert, l'encourage: «Dépêchez-vous de retrouver un travail. Avec le temps, le dialogue reprend.»

En France, seulement 1,6% des affaires familiales ont été envoyées en médiation, selon une étude du ministère de la Justice menée en 2002. Avec des divorces prononcés en moyenne en sept mois et demi et un recours massif à cet outil, le tribunal de grande instance (TGI) de Tarascon (Bouches-du-Rhône) fait presque figure d'extraterrestre. «La médiation permet de rétablir le dialogue dans 95% des cas, se réjouit Marc Juston, son président. On veut gagner l'enfant parce qu'on a perdu son couple, il devient un objet de compétition. Introduire un tiers facilite la sortie de crise.»

La crise, Bruno, lui, y est entré alors qu'il pensait que tout était réglé. Quand son ex a décidé de déménager à 40 kilomètres, la garde alternée menée depuis deux ans est tombée à l'eau. Il a engagé une procédure: le tribunal lui a attribué la garde de son fils, 6 ans. A lui, le père. «Statistiquement, c'est exceptionnel, dit-il. Pour moi, cela ne change rien: je suis tendre, mais je ne materne pas mon fils. Je lui lis des histoires, je l'emmène au ski.» En fin de semaine, l'enfant retrouve sa mère. Il y a aussi des «mamans du dimanche».

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lau

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MessageSujet: de lau   Mer 24 Mai - 15:29

Eh bein là je te tire mon chapeau JMP ! champion

Tu m'en mets une comme ça chaque jour et je vois la vie en rose !

J'imprime et toi tu sais où tu la mets ? mdr oups sorry jesors
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